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AUX ORIGINES DU DEVELOPPEMENT PERSONNEL

En tant que processus volontaire de réalisation de soi, le concept de développement personnel n’est pas nouveau et je vous le prouve !




Des philosophies antiques comme l’épicurisme ou le stoïcisme ou encore les préceptes religieux bouddhistes, nombreux sont les courants qui se sont penchés sur l’accomplissement de soi, et les moyens pour atteindre le bonheur et la plénitude. Dans les années 1960, c’est le New-Age qui remettra cette idée sous les projecteurs et revisitera la relation à soi. Le développement personnel aujourd’hui se base sur 3 courants intrinsèquement liés : la psychologie, la philosophie, et la sociologie. Il s’agit de nous sortir de nos conditionnements souvent inconscients issus de traditions historiques ou religieuses qui biaisent plus ou moins nos pensées et nos comportements. Avec le courant de psychologie positive, développé fin des année 1990 par Martin Seligman l’approche se modernisera et s’orientera sur l’étude de ce qui nous rend heureux, qui nous fait du bien, nous apporte de « good vibes ». On change de lunettes, en se focalisant dorénavant sur le positive source du nirvana…. Le développement personnel utilise ainsi tout un tas de pratiques hétéroclites qui permettent de générer un état de bien-être et d’épanouissement personnel.

Ce concept a même aujourd’hui envahi le monde du travail surfant entre deux notions qui ne se veulent plus antinomiques : productivité et bien-être au travail. Quels sont les origines de ce concept et que se cache t’il derrière ces 2 mots ? Phénomène de mode ou de société, le développement personnel est-il la clé pour garantir notre bien être ?

Retour sur l’histoire d’un courant qui a traversé les âges pour revenir sans une ride au cœur de nos préoccupations



Faire du nouveau avec de l’ancien

Loin d’être un concept nouveau, innovant ou révolutionnaire, le développement personnel prend racine dans l’antiquité. Si vous avez bouder la philo, vous êtes ainsi passés à côté de pépites que la littérature issue du développement personnel essaye aujourd’hui de vulgariser de manière souvent simpliste avec parfois quelques malencontreuses interprétations. Témoin les nombreuses citations de nos vieux philosophes grecs Socrate, Platon, Aristote, Héraclite, Marc Aurèle qui fleurissent sur les comptes d’Instagram et continuent de nous nourrir de conseils en tout genre.

Schématiquement 4 grands courants de philosophie antique nous offrent pensées, maximes et doctrines pour nous aider à cheminer dans notre quotidien : le stoïcisme (dépasser les événements douloureux) ; l’épicurisme (le bonheur but de tout existence), le platonisme (amour, indépendance de l’âme, pouvoir de la pensée), l’aristotélisme (doctrine du bien et sagesse méditative). Mais les philosophies antiques ne se réduisaient pas à un discours, ni à un ensemble de théories enseignées dans des cours ou dans des livres. Elles étaient avant tout un mode et un art de vie, une manière d’être pratiquée par les philosophes eux même. C’était un apprentissage permanent du savoir être pour savoir percevoir le monde. Pour l’ensemble de ces philosophe, il était logique de devoir travailler à devenir un être humain : vivre, dialoguer, maîtriser ses passions, tout cela relevait à la fois d’une éducation et d’une démarche personnelle par la pratique d’exercicesdestinés à opérer une transformation du moi. Une variété d’exercices spirituels étaient ainsi proposés comme véritable thérapie de l’âme. Les grandes écoles philosophiques se sont ainsi caractérisées par le choix d’une manière de vivre particulière : une vie examinée pour les socratiques, une vie réjouie chez les épicuriens, une vie intérieure chez les stoïciens … Autrement dit, chaque courant disposait d’un ensemble de pratiques spirituelles ayant pour objectif commun d’accéder à la figure de l’homme sage. Ainsi il ne suffisait pas seulement de vivre mais il fallait apprendre à vivre. La philosophie antique avait donc une véritable portée thérapeutique en ce sens qu’elle orientait tout autant les actions qu’elle organisait la pensée.


Du Moi au Nous…

Aujourd’hui encore l’inscription célèbre de Socrate « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux » gravée sur le fronton du temple de Delphes s’impose comme la voie d’accès à une sagesse supérieure, la clé du bonheur. Dans les philosophies antiques chercher son bonheur en solo ne servait à rien, voire cela pouvait aboutir à négliger sinon sacrifier le bien-être des autres. Il fallait donc équilibrer la quête de son propre épanouissement avec une morale de l’attention à autrui. L’esprit de « conscience », le « besoin de sens » et le sentiment de « responsabilité » dont on parle aujourd’hui doivent beaucoup à la philosophie épicurienne qui articule bonheur individuel et écologie relationnelle. Toutefois contrairement à ce que prône l’enseignement actuel du développement personnel, la philosophie de Socrate n’est qu’un moyen (et non une fin) d’éducation dans l’apprentissage de la connaissance de soi, c’est surtout une ouverture à l’autre qui permet de mieux se connaitre. On est loin de l’individualisme que clame aujourd’hui les grands gourous du développement personnel en ramenant un peu tout à 2 grands principes : amour de soi et confiance en soi. Le célèbre slogan « parce que je le vaux bien » reflète bien l’esprit d’aujourd’hui.

Autrefois, le développement personnel était bel et bien un processus sur la voie d’un idéal de bonheur, d’indépendance, de liberté et de bien-être, un idéal hédonique et eudémonique. Il s’agissait d’élever la conscience, d’avoir une approche multidimensionnelle de la place de l’être, de ses interactions avec les autres et avec le monde environnant. Aujourd’hui les choses ont un peu trop glissé vers un individualisme exacerbé. Mon bonheur d’abord après on verra...


Et la psyché fut…

La naissance de la psychologie va introduire de nombreux fondements théoriques de la psyché aux notions de développement personnel. Deux docteurs en psychologie ont particulièrement influencé la naissance de cette “discipline” Dans les années 1920 Carl Gustav Jung, psychiatre suisse qui va développer les notions d’archétype, d’inconscient collectif et la théorie d’individuation. A la même époque, le médecin autrichien Alfred Adler étudie quant à lui la psychologie individuelle. Son but est de rendre la psychologie accessible à tous pour en faire un bien commun que tout le monde peut s’approprier pour mieux se comprendre et se positionner en tant qu’individu. Adler se base aussi sur les concepts de la psychosomatique, autrement dit, la relation intrinsèque qui relie mental et physique – ce que pense mon esprit influe sur mes perceptions physiques et inversement. Tous ces champs d’études permettent d’identifier le fonctionnement psychique d’un individu, en fonction de son environnement et de sa personnalité. Les mécanismes qui permettent de modifier les perceptions individuelles, comme l’autosuggestion, l’hypnose, le mimétisme, la pensée positive, les ancrages, la motivation, la gratitude deviennent des clés qui restent fortement utilisées aujourd’hui en développement personnel.


La révolution du New Age

Le terme même de « développement personnel » est né historiquement dans les années 1960 en Californie dans un contexte de crise économique et de libération des mœurs. Il s’agissait au départ d’un mouvement animé par les chefs de file de la psychologie humaniste, qui se distinguait de la psychanalyse et du behaviourisme. Ce courant avait pour spécificité d’appréhender l’être humain dans sa globalité, de façon « holistique » englobant ses dimensions corporelles, psychologique et spirituelle. Parmi les figures importantes de ce mouvement, Abraham Maslow (1908-1970), Carl Rogers, Frederick Perls jetèrent les bases théoriques du développement personnel. Les praticiens de la psychologie humaniste de l’époque ressentaient que de nouvelles formes de relations humaines pouvaient rendre le monde meilleur et plus uni. Le postulat, comme le prônait déjà la philosophie antique, était que pour changer le monde il faut commencer par se changer soi-même. La grande idée était qu’une autre vie, dont le sens serait guidé par la connaissance de soi et un retour à l’unité avec la nature était souhaitable et possible. Cela vous parle ?

Entre 1975-1985, la déferlante de « nouvelles thérapies » mélangeant des techniques de psychologie humaniste, Trans-personnelle et de pratiques psychocorporelles fleurissent. L’objectif est bien de se réapproprier son être et d’amener à une réalisation de soi. Les frontières sont poreuses mais de tout cela émerge les bases du développement personnel élargit.

Dans cette perspective, le New-Age a investi trois domaines majeurs :

- Le développement de soi avec l’émergence d’un florilège de pratiques (rebirth, systémique, gestalt, training autogène, respiration holotropique, etc.) dont l’objectif est une meilleure connaissance de soi pour un mieux-être, un changement personnel, et une meilleure efficacité tant professionnelle, affective, familiale que relationnelle.

- Le culte d’une nouvelle forme de sacré teinté d’ésotérisme et de mysticisme occidental et oriental Il propose des pratiques anciennes réactualisées comme l’astrologie, la numérologie, le Yi King, le zen, le bouddhisme, le tarot, le magnétisme ainsi que de nouvelles pratiques telles que le channeling, le dialogue avec les anges, la transcommunication, la régression dans les vies antérieures. L’objectif est toujours le développement de soi, un éveil de la conscience avec un usage individuel du sacré au nom de la recherche du « Dieu intérieur ».

- Un retour à la nature, aux produits biologiques, la diététique, la médecine douce, la gymnastique, le yoga, le massage. Il s’agit ainsi de maintenir en bonne santé notre corps tout comme d’assurer le devenir de la planète.


Connaissance de soi, réappropriation du sacré et retour à la nature seraient donc les soubassements de la construction d’une vie meilleure. Rien de nouveau sous les tropiques, nos vieux hippies avaient déjà tout compris et nous ne faisons que reprendre de vieilles recettes.


L’ouverture des consciences est le fruit sans doute de plusieurs facteurs : une perte de sens au travail, un écosystème qui se déliterai, une crise des valeurs profonde avec le besoin urgent pour certain de revenir à plus d’équité, de bienveillance et de partage.



Un esprit sain dans un corps sain…

Aujourd’hui, les approches psycho-­corporelles se sont implantées sous de ­multiples formes. L’aspiration à une compréhension « holistique » de l’être humain reste importante L’alternative à la psychanalyse classique est attractive puisque le corps est réinvesti massivement, avec la force du vécu, des émotions et des sensations. Dans les années 2000 émerge un nouveau concept développé par Daniel Goleman dans un livre devenu un best-seller : l’intelligence émotionnelle. Ce concept révolutionnaire à l’époque pose les fondements d’un bouleversement important en entreprise. Les directions des RH comprennent le parti pris qu’elles peuvent tirer de ces techniques. Les individus sont plus que jamais en quête de sens et trouvent dans le développement personnel des “réponses” sur-mesure qui leur permettent d’affronter le quotidien de façon plus sereine. Les entreprises intègrent désormais dans leur management certaines techniques de développement personnel comme la visualisation positive, le team building et le développement de soft skills sensé faire toute la différence en management. Dans les universités, la rationalité a repris le dessus et les neurosciences ont renforcé les thérapies comportementales et cognitives. L’hypnose est en pointe, le « mindfullness » propulsé par les livres de Jon Kabat Zin s’installe largement dans les hôpitaux et les écoles. La méditation devient le standard pour le grand public mais aussi dans certaine entreprise, pour limiter le stress. L’écologie de la personne, la quête de sens, la recherche de l’harmonie avec la nature sont en progression massive dans les aspirations des Français, mais aussi des Européens. La quête de spiritualité poursuit aussi sa croissance, De très nombreuses nouvelles méthodes de développement personnel émergent et cela reste formidable. Toutefois, il reste important de comprendre que le changement personnel, la transformation demande du temps, de la continuité dans l’exploration de soi. Sautiller d’une méthode à l’autre ne donne rien que de l’éparpillement, de la confusion mentale, des illusions de changement… La constance, la persévérance et la patience en matière de développement sont les seuls garants d’une évolution personnelle de qualité.



Ainsi le développement personnel, sous ses aspects novateurs, revisite les traditions anciennes et les courants ésotériques autrefois réservés à une élite. Le spectre est large, l’offre est abondante. Vous trouverez de tout du sérieux comme hélas du n’importe quoi. Le développement personnel est un concept fourre-tout : ésotérisme, spiritualité, approche psychocorporelle. Bien-sûr des dérives sectaires dont les plus fragiles (mais pas que) font souvent les frais. Ce sont les réseaux sociaux qui servent de caisses de résonance aux aspirations nouvelles et les coachs en tout genre fleurissent sur la toile… Sous leurs influences plus ou moins bonnes d’innombrables techniques ont vu le jour. Toutefois un grand nombre de pratiques sont arrachées de leur environnement culturel et utilisées par les occidentaux de façon telle, que le yoga par exemple « devient un vague exercice corporel susceptible de générer un bien-être mental et affectif » alors qu’il devrait être appréhendé dans son ensemble comme une philosophie de vie. Et puis bien sur tout le monde devient thérapeute après une retraite ou une expérience mystique…

Il faut donc apprendre la vigilance et le recul car je vois encore beaucoup trop de dérives et des personnes fragiles se laisser séduire par des approches douteuses. La crédulité, la naïveté et la recherche du bonheur à tout prix font que certains se laissent berner par des approches vendant plus du rêve qu’un vrai travail personnel.



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Bonjour et merci pour votre visite !

Je suis Maité Psychopraticienne et coach. Je partage ici mes points de vue, découvertes et lectures sur des sujets, qui me passionnent. 

J'espère te transmettre quelques concepts qui ont eu un impact dans ma vie ou des idées pour améliorer ton quotidien.

J'ai eu envie de créer ce blog comme une  bulle d'aération en dehors de mon cabinet de thérapie. Je te livre ici une autre facette de ma vie celle de l'autre côté de la porte,. Ici je peux me livrer, exprimer mes doutes et coups de gueules, parler de mes belles et moins belles découvertes. Ce blog est pour moi un moment de partage et de liberté, une autre façon aussi de retrouver ceux que je croise à des moments charnières de leur vie.

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